DI U RITUNDU

During times of universal deceit, telling the truth becomes a revolutionary act. George Orwell

dimanche 4 mai 2008

conséquences des éventuels bombardements sur l'Iran... Consider the Consequences of Bombing Iran’s Nuclear Power Plants








Modèle analysant les retombées presque immédiates de l'utilisation de bombes nucléaires qui pénètrent sous terre contre les installations nucléaires d'Ispahan en Iran. Elles se répandent à des milliers de milles (ou kilomètres) à travers l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde. Elles tueraient 3 millions de personnes dans les 2 semaines après l'explosion et 35 millions de personnes seraient directement exposées à des radiations qui provoquent le cancer.
Image et texte tiré du site « Union of concerned scientists. »



conséquences prévisibles des éventuels bombardements sur les installations nucléaires en Iran

Par Floyd Rudmin, pour Global Research, le 29 avril 2008

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8839



Regardez attentivement les conséquences qu'auraient des bombardements sur les installations nucléaires de l'Iran et ensuite, priez
Dernièrement, le gouvernement des États-Unis a augmenté d'un cran le ton belligérant qu'il emploie contre l'Iran.

Une série de reportages dans une variété de journaux anglophones laissent entendre que la guerre est en route: le Mail & Guardian le 1er avril, le Rutland Herald le 4 avril, le Telegraph le 7 avril, l'International Herald Tribune le 11 avril, le Washington Post le 12 avril, le Washington Times le 16 avril, The Progressive le 24 avril, le Santa Monica Mirror le 24 avril, l'Asia Times le 25 avril, l'International Herald Tribune le 25 avril, le Toronto Star le 25 avril, le Christian Science Monitor le 25 avril, le Washington Post le 26 avril, le Washington Times le 26 avril, le First Post le 26 avril, le Los Angeles Times le 26 avril, le Washington Times le 26 avril et le Telegraph le 26 avril.

Deux flottes offensives de porte-avions sont maintenant près de l'Iran et une autre serait en route. À la fin mars, l'Arabie Saoudite s'est exercée à faire face aux retombées nucléaires qui surviendraient à la suite d'une attaque US contre l'Iran. Au début avril, Israël s'exerçait à affronter des tirs de représailles de missiles suite à une attaque US contre l'Iran. Tout le monde dans la région se prépare à un bombardement de la centrale nucléaire et les installations d'enrichissement d'uranium de l'Iran. Tout comme eux, l'Iran est prêt pour la guerre.

Les États-Unis aurait retenu quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l'ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d'enrichissement de Natanz près d'Ispahan. Bushehr est une ville industrielle comptant près de 1 million d'habitants. Pas moins de 70 000 ingénieurs étrangers travaillent dans cette région qui comprend un grand gisement d'hydrocarbures. Natanz est le principal site d'enrichissement d'uranium de l'Iran, au nord d'Ispahan, qui comptent aussi des installations de recherches nucléaires. Ispahan est une ville du patrimoine mondial avec une population de 2 millions d'habitants.

Le réacteur nucléaire iranien de Bushehr dispose de 82 tonnes d'uranium enrichi (U235) qui sont maintenant chargé dans le réacteur, selon des reportages de la presse israélienne et chinoise. Il est prévu que la centrale deviendra opérationnelle cet été, ce qui lui permettra de produire de l'électricité. Les installations d'enrichissement de Natanz opèrent à pleine capacité et elles enrichissent de l'uranium afin que cet uranium puisse être utilisé dans des réacteurs selon les rapports de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique.

Selon le Centre de contrôle des maladie [des USA], l'uranium 235 utilisé dans les réacteurs nucléaires a une demi-vie de 700 millions d'années. Lorsqu'il est utilisé à titre de combustible pour des réacteurs, il se transforme en uranium 238 qui lui, a une demi-vie de 4,5 milliards d'années. Ces isotopes radioactifs sont dangereux pour la santé parce qu'ils émettent des particules alpha et aussi parce qu'ils sont chimiquement toxiques. Lorsque inhalé, il crée des dommages aux tissus pulmonaires. Lorsque ingéré, il crée des dommages aux reins et causer le cancer des os et des tissus du foie. Selon une récente étude de recherche médicale, l'exposition à l'uranium engendre des déformations aux nouveaux-nés ou engendre des mort-nés.

Jamais dans toute l'histoire ne s'est produit le bombardement délibéré de centrales nucléaires et d'installations d'enrichissement nucléaire. De telles installations, partout dans le monde, sont exploitées sous de sévères règles de sécurité parce que le rejet de matières radioactives est mortel au moment même où l'événement se produit et longtemps après y avoir été exposé. Si le États-Unis ou Israël devait bombarder délibérément une centrale nucléaire pleine de combustible nucléaire ou encore des installations d'enrichissement de combustible nucléaire, cette règle serait violée; des éléments radioactifs seraient alors rejetés dans l'environnement. Il y aurait d'horribles décès dans la population environnante. L'Union of Concerned Scientists [L'Union des scientifiques préoccupés aux USA] estime que 3 millions de décès surviendraient dans les 3 semaines suivant les bombardements des installations nucléaires d'enrichissement près d'Ispahan et la contamination recouvrirait l'Afghanistan, le Pakistan, jusqu'en Inde.

Les réacteurs de même que les installations d'enrichissement sont construits en béton extra fort, souvent avec de multiples couches de rétention en dômes et ils sont souvent construits sous terre. Le bombardement de telles installations exigent de puissants explosifs, tels que des ogives pénétrantes sous terre voire même des ogives nucléaires. De telles explosions souffleraient la contamination très haut dans l'atmosphère. Mais où irait cette contamination? C'est une question difficile à répondre et difficile à prévoir.

Au cours de la guerre du Golfe de janvier 1991, de nombreux puits de pétrole au Koweït ont été incendiés. Selon le Département d'État américain, « des pluies noires ont été signalées en Turquie et de la neige noire est tombée au pied des montagnes de l'Himalaya. » Le nuage radioactif causé par le bombardement des installations nucléaires de l'Iran prendrait possiblement ces mêmes directions si les conditions météorologiques étaient les mêmes. Mais le nuage radioactif pourrait aller vers le nord c'est-à-dire, en Europe. Au cours de l'invasion de l'Irak par les États-Unis qui étaient accompagnés par le Royaume-Uni, l'Australie et d'autres pays en mars 2003, des munitions et des bombes à l'uranium appauvri (U238) ont été utilisées. Il a fallu 9 jours pour que des particules d'uranium provenant de ces armes en Irak atteignent l'Angleterre où des échantillons de filtres à air ont démontré une hausse de 300 % de particules d'uranium attribuable à la guerre. Les conditions météorologiques qui ont permis que ces particules soient transportées jusqu'en Angleterre ont passé sur le centre de la Turquie, l'Ukraine, l'Autriche, la Pologne, l'Allemagne, la Suède et le Danemark, pour finalement arriver en Angleterre d'où elles ont poursuivi leur route sur la Norvège, la Finlande et jusqu'en Arctique. Ce fait a été signalé par The Times [un journal en Angleterre], qui dans un article résumait une étude européenne de biologie et de bioélectromagnétique.

Les retombées nucléaires des bombardements sur l'Iran auraient une demi-vie de 700 millions d'années. C'est une durée difficile à comprendre. Jésus-Christ prêchait il y a environ 2 000 ans. Dans l'évolution de l'homme, nos ancêtres, les premiers hommes singes auraient marché debout il y a à peine 5 millions d'années.
L'administration Bush et ses conseillers israéliens sont maintenant en train de planifier la contamination de la planète pour 700 millions d'années. Selon la rhétorique des candidats à la présidence John McCain et Hillary Clinton, eux aussi, pensent que c'est une bonne idée. Pour leur part, les médias US semblent applaudir.

Soit les USA ne comprennent pas ce qu'ils s'apprêtent à faire ou soit ils se pensent eux-mêmes à l'abri des conséquences. La planète n'est pas si grande. Ce qui se passe quelque part sur le globe fini par se répercuter partout sur le globe. La fumée des puits de pétrole incendiés pendant la guerre du Golfe s'est propagée tout autour de la planète et elle a été détectée en Amérique du Sud. Les retombées radioactives du bombardement d'un réacteur nucléaire se propageront en de lieux aussi éloignés, surtout si l'on considère que le voyage s'effectuera sur des millions d'années.

Les pays du Golfe Persique soit principalement l'Arabie Saoudite, le Koweït, l'Iraq et l'Iran possèdent plus de la moitié des réserves de pétrole connues. En 1981, une étude de « Fetter and Tsipis » parue dans le magazine « Scientific American » portant sur « La propagation catastrophique de la radioactivité » estimait que le bombardement d'un réacteur nucléaire rendrait inhabitable une superficie équivalente à 8 600 milles carrés [NDT : 1 mille = 1,609 km] autour du réacteur, tout dépendant de la façon dont le vent soufflerait. Bombarder le réacteur de Bushehr signifierait que la moitié des réserves de pétrole deviendraient instantanément inaccessibles. Bombarder l'Iran signifierait que les US ne prendraient plus leurs voitures pour se rendre où que ce soit, plus jamais et ce, pour une très longue période. Le mode de vie à l'américaine serait terminé. Un effondrement économique inimaginable pour les USA suivrait. La culture vivrière mécanisée et le transport de la nourriture seraient choses du passé. Les émeutes de la faim deviendraient chose certaine si jamais la jauge à carburant indiquait que le réservoir est vide, même aux États-Unis, une terre d'abondance.

Les nations du monde ne peuvent pas compter sur les États-Unis et sur leurs conseillers israéliens pour que ces derniers pensent et agissent de façon rationnelle au sujet des bombardements des réacteurs. Il est insensé de dire que « toutes les options sont sur la table » et c'est même un crime contre l'humanité. Les États-Unis et Israël sont en train de préparer le public à accepter cette folie en annonçant qu'ils ont bombardé avec succès un réacteur nucléaire syrien, sans effets nocifs. Israël a aussi récemment publié sa vidéo du bombardement du réacteur nucléaire d'Osiraq survenu en 1981 en Iraq. Voyez comme c'est facile. Il n'y a aucune conséquence fâcheuse. Mais les deux sites étaient en construction et les réacteurs n'étaient pas remplis à ras bord de tonnes d'uranium enrichi.

Les peuples et les gouvernements du Golfe Persique, du Moyen-Orient, de l'Europe et aussi de ces pays vers où soufflera le vent c'est-à-dire l'Inde et la Chine doivent maintenant prendre des mesures pour que cesse cette folie. Une fois que la radiation sera libérée, les résolutions de l'ONU ne ramèneront pas ces radiations dans un milieu confiné.

Les états-uniens ayant de la famille et des amis qui servent dans les forces armées dans la région du Golfe Persique, que ce soit en Iraq et en Afghanistan devraient se demander jusqu'à quel point l'administration Bush considère que ses troupes peuvent être sacrifiées.

Prions : « Ne bombardez pas les réacteurs nucléaires.
»






Consider the Consequences of Bombing Iran’s Nuclear Power Plants, and Pra
y

By Floyd Rudmin

Global Research, April 29, 2008

The US government has recently increased the belligerence of its tone towards Iran.

A string of reports in a variety of newspapers suggest war is on the way: the Mail & Guardian April 1, the Rutland Herald April 4, the Telegraph April 7, the International Herald Tribune April 11, the Washington Post April 12, the Washington Times April 16, the Progressive April 24, the Santa Monica Mirror April 24, Asia Times April 25, the International Herald Tribune April 25, the Toronto Star April 25, the Christian Science Monitor April 25, the Washington Post April 26, the Washington Times April 26, First Post April 26, Los Angeles Times April 26, the Washington Times April 26, and the Telegraph April 26.

Two offensive aircraft carriers fleets are now on station near Iran and another is reportedly en route. In late March, Saudi Arabia practiced how it will cope with nuclear fallout following a US attack on Iran. In early April, Israel practiced how it will cope with retaliatory missiles following a US attack on Iran. Everyone in the region is getting ready for the bombing of Iran’s nuclear power plant and enrichment facilities. Iran, too, is ready for war.

The US is said to have 10,000 targets in Iran. Primary among these are all nuclear facilities, including the nuclear power plant at Bushehr on the Persian Gulf coast near Kuwait, and the nuclear enrichment facilities in Natanz near Esfahan. Bushehr is an industrial city, with nearly 1 million residents. As many as 70,000 foreign engineers work in the region, which includes a large gas field. Natanz is Iran’s primary enrichment site, north of Esfahan, which also has nuclear research facilities. Esfahan is a world heritage city with a population of 2 million.

Iran’s Bushehr nuclear reactor has 82 tons of enriched uranium (U235) now loaded into it, according to Israeli and Chinese news reports. The plant is scheduled to become operational this summer, producing electricity. The Natanz enrichment facility is operating a full capacity, enriching uranium for use in reactors according to IAEA reports.

According to the Center for Disease Control, the uranium 235 used in nuclear reactors has a half life of 700 million years. As nuclear reactor fuel is used, it turns into uranium 238, which has a half life of 4.5 billion years. These radioactive isotopes are dangerous to health because they emit alpha particles and because they are chemically toxic. When inhaled, they damage lung tissue. When ingested, they damage kidneys and cause cancer in bones and in liver tissues. According to a recent review of medical research, uranium exposure causes babies to be deformed or born dead.

Never in history has it happened that nuclear power plants and nuclear enrichment facilities have been deliberately bombed. Such facilities, everywhere in the world, operate under severe safety conditions because the release of radioactive materials is deadly, immediately and also long after exposure. If the USA or Israel deliberately bomb a fully fueled nuclear power plant or nuclear fuel enrichment facilities, containment will be breached; radioactive elements will be released into the environment. There will be horrific deaths for families in the surrounding vicinity. The Union of Concerned Scientists has estimated 3 million deaths would result in 3 weeks from bombing the nuclear enrichment facilities near Esfahan, and the contamination would cover Afghanistan, Pakistan, all the way to India.

Reactors and enrichment facilities are built of extra strong concrete, often with multiple layers of containment domes, often built underground. Bombing such facilities will require powerful explosives, earth penetrator war heads, maybe nuclear warheads. The explosions will blow the contamination high into the atmosphere. Where will it go is a question that is difficult to predict.

During the January 1991 Gulf War, many oil wells in Kuwait were set afire. According to the US State Department, “black rains were reported in Turkey, and black snow fell in the foothills of the Himalaya Mountains”. The radioactive plumes from bombing Iran’s nuclear facilities would reach the same destinations, in the same weather conditions. But the radioactive plume might go north, into Europe. During the March 2003 invasion of Iraq by the USA, UK, Australia, and others, armour piercing shells and bombs tipped with depleted uranium (U238) were used. It took 9 days for uranium particles from these weapons in Iraq to reach England, where air sample filters showed a 300% increase in uranium particles attributable to the war. The weather patterns at the time that carried the particles to England passed over central Turkey, the Ukraine, Austria, Poland, Germany, Sweden, and Denmark, to England, then over Norway and Finland to the Arctic. This was reported by The Times, summarizing a study in European Biology and Bioelectromagnetics.

The nuclear fallout from bombing Iran will have a half life of 700 million years. That is a duration difficult to comprehend. Jesus Christ was preaching a mere 2 thousand years ago. In the evolution of humans, our earliest ape-like ancestors were walking upright a mere 5 million years ago. The Bush administration and its Israeli advisors are now planning to contaminate the planet for 700 million years. From the rhetoric of Presidential candidates John McCain and Hillary Clinton, they, too, think that is a good idea. The US media seem to applaud.

Either Americans do not understand what it is they are preparing to do, or they think themselves immune to the consequences. The planet is not large. What goes around, comes around. Smoke from the Gulf War oil fires went around the world and was detected in South America. Radioactive fallout from bombing a nuclear reactor will also go far, especially considering that it has millions of years to make the trip.

The Persian Gulf nations of Saudi Arabia, Kuwait, Iraq, and Iran have more than half the world’s known oil reserves. The 1981 study by Fetter and Tsipis in Scientific American on “Catastrophic Releases of Radioactivity” estimated that bombing a nuclear reactor would cause 8600 square miles around the reactor to be uninhabitable, depending on which way the wind blows. Bombing the Bushehr reactor will mean half of the world’s oil is instantly inaccessible. Bombing Iran means that Americans will not be driving cars any where, any more, for a long, long time. The American Way of Life will be finished. An economic collapse unimagined by Americans will follow. Mechanized farming and food transport will be finished. Famine is a possibility. Food riots are a certainty, in the land of plenty, with the fuel gauge on empty.

The nations of the world cannot rely on the USA and its Israeli advisors to be rational about bombing reactors. It is insane to say, “All options are on the table”, and it is a crime against humanity. The USA and Israel are preparing the public to accept such insanity by announcing that they successfully bombed a Syrian nuclear reactor, with no ill effects. Israel has also recently released video of its 1981 bombing of the Osiraq nuclear reactor in Iraq. See, it’s easy. Nothing bad happens. But those were both construction sites, not loaded reactors full of tons of enriched uranium.

Peoples and governments in the Persian Gulf, in the Middle East, in Europe, and down wind in India and China need to take effective actions now to stop this insanity. Once radiation is released, UN resolutions cannot put it back in containment.

Americans with family and friends serving in the military forces in the Persian Gulf, in Iraq, and in Afghanistan need to wonder how expendable the Bush administration considers them to be.

The planet pleads, “Do not bomb nuclear reactors”.

just on the other side of the sea...near, very near, 75 millions people, 40 % of them living with less as 2 $ / day


BBC NEWS
Food price crisis bites in Egypt
By Heba Saleh
BBC News, Cairo

Liberal and left-wing political activists in Egypt have called for a general strike on Sunday to protest against rising prices. The Muslim Brotherhood, the largest opposition force in the country, has endorsed the call.

Attempts at a similar strike last month drew a feeble response.

But there were two days of clashes between riot police and demonstrators in the town of Mahalla al-Kubra after the security services prevented textile workers from carrying out their separately planned industrial action.

President Hosni Mubarak has just offered public sector workers a 30% pay rise in an effort to quell such unrest fuelled by economic discontent.

But even so, activists insist the government is not doing enough to help its citizens cope with high prices.

"We're calling for salaries to match prices," said Ahmed Maher, the young engineer who launched the strike call.

"We want to stop businessmen in the ruling party controlling the cost of commodities. We also want social justice - the government needs to exert influence over prices."

Arrest fears

Mr Maher has been using the social networking site Facebook to promote his call. He spoke to the BBC on the phone because he is scared of being arrested.

Two other internet activists are currently in prison because of last month's strike.

"Many state security officers have contacted me, sometimes being threatening and sometimes asking me to just come and talk," Mr Maher said.

What's clear is that through security means or political means, [the authorities ] are preventing any initiative from the people
Madiha Doss,
university professor

"If we allow ourselves to fear them, we won't do anything. Then, I would consider myself a partner in the crimes taking place in Egypt."

Food prices have shot up dramatically in Egypt in recent months. Some basic foods have almost doubled.

A total of 40% of all Egyptians live below or just above the poverty line of $2 (£1) a day, so life has become even more difficult for a huge section of the population.

"We used to eat meat or chicken twice a week, but now it's only once a week," said Hala Badawi, a housewife from Bashtil, a poor area on the outskirts of Cairo.

"Maybe if we were to go on strike they would bring down the prices. But people are cowards - they are afraid. They say it's none of my business, even when the price rises are affecting us all."

Popular anger

It is to pre-empt a boiling over of popular anger that Mr Mubarak has offered the 30% salary rise in his May Day speech to workers.

"I follow hour by hour [news] about the breadlines, the price increases, the concerns of Egyptian families in general and of the poor and those on limited incomes in particular," he said.

The government has also added some 15 million names to the list of people eligible to receive subsidised food.

Mr Mubarak said in his speech that he had asked ministers to look into the possibility of increasing the quantities of subsidised food offered to those on the list.

Egyptians were shocked by the riots in Mahalla last month, and the authorities are keen to ensure there will be no repeats.

Above all, they do not want the discontent to play into the hands of the opposition, whether Islamic or otherwise.

So much so that when a group of activist university professors tried to visit the injured in Mahalla, police held them up on the road for four hours, then sent them back to Cairo.

"What's clear is that through security means or political means, [the authorities ] are preventing any initiative from the people," said Madiha Doss, a professor who was in the group.

"I think they get even more nervous if they see that political activists are coming close to people who have social demands such as the workers."

There is little expectation here that Sunday's general strike will paralyse life in Egypt.

But with the harsh economic conditions and the availability of the internet as a tool in the hands of opponents, the Egyptian government must be concerned that one day they will be successful.
Story from BBC NEWS:
http://news.bbc.co.uk/go/pr/fr/-/2/hi/middle_east/7381766.stm

Published: 2008/05/03 10:39:21 GMT

© BBC MMVIII

vendredi 2 mai 2008

Du changement à la crise

Nous connaissons l'inquiétante évolution que prend actuellement le climat de
notre planète. Les
derniers rapports du GIEC,
dont l'analyse s'affine régulièrement depuis 2001 à mesure que les études et
indices s'accumulent, sont formels, désignant toujours la même cause la plus
importante (à côté d'autres facteurs moindres et parfois naturels) :
l'augmentation des Gaz à Effet de Serre (GES) dans notre atmosphère, le dioxide
de carbone (CO2) en tête. Le problème fait à peu près l'objet d'un
consensus, mais sembler préoccuper variablement les personnes (une étude
indique que le réchauffement climatique ne serait que la 25ème préoccupation
des gens), y compris les instances dirigeantes. Tous reconnaissent qu'il y a
des choses à faire, mais avec une urgence relative. On est quand même pas au
bord du gouffre selon eux, et même selon certains scientifiques.

"Eh bien si" déclare un scientifique. Encore un illuminé ? Un docteur
n'importe qui ? Oh que non...
Le bonhomme, c'est James Hansen, directeur de
l'institut Goddard pour les Etudes Spatiales de la NASA, et décrit comme son "meilleur
climatologue" par la
dépêche de l'AFP. En 2006, le
Times le listait dans ses "100 personnes les plus influentes dans le
monde".

Hansen dit 2 choses. Tout d'abord, la situation est plus critique qu'on nous
le dit. Le niveau dangereux de CO2 dans l'atmosphère (385
parts/million) n'est pas à venir, il a déjà été atteint. Ensuite, que la
situation ne risque pas de s'arranger dans la mesure où l'influence des
fournisseurs des énergies fossiles, celles qui créent du CO2 (le pétrole, et
le charbon dont on commence à relancer l'exploitation), est énorme. Le
problème est que 90 % de l'énergie consiste en des carburants fossiles. C'est
un business tel qu'il a imprégné notre gouvernement, déclare Hansen.
L'industrie trompe le public et les policitiens sur la cause du
changement climatique. C'est comparable à ce que les fabriquants de cigarettes
ont fait. Ils savaient que fumer provoquait le cancer, mais ils ont engagé des
scientifiques pour dire que ce n'était pas le cas. Pour lui, les mêmes
armes que celles employées contre les cigaretiers pourraient se révéler les
seules efficaces contre cette compromission supposée : l'action en justice.

Mais pourquoi Hansen sort-il tout d'un coup du bois, comme çà, à crier au
complot et à l'apocalypse, en marge d'autres scientifiques ? Dans cette
situation particulière, nous avons atteint une crise, comme s'il avait
détecté une faille dans la navette spatiale et qu'il ne pouvait faire autrement
que de la signaler avant son décollage. Les gens qui doivent savoir
ignorent le statut véritable du problème, la gravité du problème et, plus
important encore, l'urgence du problème. Et les solutions, peut-être
plus drastiques, peut-être plus urgentes, qu'il conviendrait de prendre. Les
usines à charbon par exemple, devraient selon Hansen être totalement fermées
d'ici 2030, et leurs émissions fortement taxées d'ici là.

John Howard, ancien premier
ministre de l'Australie, présent lors de la
déclaration de Hansen alors que ce dernier recevait alors le prix du Common
Wealth pour son travail, réagit plutôt positivement, alors qu'il avait
refusé de signer le protocole de Kyoto quand il était aux affaires :
Je pensais que ce n'était pas la bonne politique à l'époque parce que les
émetteurs principaux [de GES] n'étaient pas présents. Il y a
besoin d'un nouveau protocole de Kyoto avec tous les émetteurs majeurs
impliqués.

http://www.javarome.org/feed/rss2

NAISSANCE D'UNE NATION

The Lion and the Gazelle

19/04/08


TONIGHT THE JEWS all over the world will celebrate the Seder, the unique ceremony that unites Jews everywhere in the defining Jewish myth: the Exodus from Egypt.

Every year I marvel again at the genius of this ceremony. It unites the whole family, and everyone - from the venerable grandfather to the smallest child - has a role in it. It engages all the senses: seeing, hearing, smelling, tasting and touching. The simplistic text of the Haggadah, the book which is read aloud, the symbolic food, the four glasses of wine, the singing together, the exact repetition of every part every year - all these imprint on the consciousness of a child from the earliest age an ineradicable memory that they will carry with them to the grave, be they religious or not. They will never forget the security and warmth of the large family around the Seder table, and even in old age they will recall it with nostalgia. A cynic might see it as a perfect example of brain-washing.

Compared to the power of this myth, does it really matter that the Exodus from Egypt never took place? Thousands of Egyptian documents deciphered in recent years leave no room for doubt: the exodus of masses of people, as described in the Bible, or anything remotely like it, just never happened. These documents, which cover in the finest detail every period and every part of Canaan during this epoch prove beyond any doubt that there was no "Conquest of Canaan" and no kingdom of David and Solomon. For a hundred years, Zionist archeologists have devoted tireless efforts to finding even a single piece of evidence to support the Biblical narrative, all to no avail.

But this is quite unimportant. In the competition between "objective" history and myth, the myth that suits our needs will always win, and win big. It is not important what was, the important thing is what fires our imagination. That is what guides our steps to this day.

THE BIBLICAL narrative connects up with documented history only around the year 853 BC, when ten thousand soldiers and 2000 battle chariots of Ahab, King of Israel, took part in a grand coalition of the kingdoms of Syria and Palestine against Assyria. The battle, which was documented by the Assyrians, was fought at Qarqar in Syria. The Assyrian army was delayed, if not defeated.

(A personal note: I am not a historian, but for many years I have reflected on our history and tried to draw some logical conclusions, which are outlined here. Most of them are supported by the emerging consensus of independent scholars around the world.)

The kingdoms of Israel and Judea, which occupied a part of the land between the Mediterranean and the Jordan, were no different from the other kingdoms of the region. Even according to the Bible itself, the people sacrificed to various pagan deities "on every high hill and under every green tree". (1 Kings 14:23).

Jerusalem was a tiny market town, much too small and much too poor for any of the things described in the Bible to have taken place there at the time. In the books of the Bible that deal with that period, the appellation "Jew" (Yehudi in Hebrew) hardly appears at all, and where it does, it clearly refers simply to an inhabitant of Judea, the area around Jerusalem. When an Assyrian general was asked "talk not with us in the Jewish language" (2 Kings 18:26), what was meant was the local Judean dialect of Hebrew. The "Jewish" revolution took place in the Babylonian exile (587-539 BC). After the Babylonian conquest of Jerusalem, members of the Judean elite were exiled to Babylon, where they came into contact with the important cultural streams of the time. The result was one of the great creations of mankind: the Jewish religion. After some fifty years, some of the exiles returned to Palestine. They brought with them the name "Jews", the appellation of a religious-ideological-political movement, much like the "Zionists" of our time. Therefore, one can speak of "Judaism" and "Jews" - in the sense accepted now - only from then on. During the following 500 years, the Jewish monotheistic religion gradually crystallized. Also at this time, the most outstanding literary creation of all times, the Hebrew Bible, was composed. The writers of the Bible did not intend to write "history", in the sense understood today, but rather a religious, edifying and instructive text.

TO UNDERSTAND the birth and development of Judaism, one must consider two important facts: (a) Right from the beginning, when the "Jews" came back from Babylon, the Jewish community in this country was a minority among the Jews as a whole. Throughout the period of the "Second Temple", the majority of Jews lived abroad, in the areas known today as Iraq, Egypt, Libya, Syria, Cyprus, Italy, Spain and so on. The Jews of that period were not a "nation" - the very idea did not yet exist. The Jews of Palestine did not participate in the rebellions of the Jews in Libya and Cyprus against the Romans, and the Jews abroad took no part in the Great Revolt of the Jews in this country. The Maccabees were not national but religious fighters, rather like the Taliban in our days, and killed many more "Hellenized" Jews than enemy soldiers. (b) This Jewish Diaspora was not a unique phenomenon. On the contrary, at that time it was the norm. Notions like "nation" belong to the modern world. During the period of the "Second Temple" and later on, the dominant social-political pattern was a religious-political community enjoying self-government and not attached to any specific territory. A Jew in Alexandria could marry a Jewess in Damascus, but not the Christian woman across the street. She, on her part, could marry a Christian man in Rome, but not her Hellenist neighbor. The Jewish Diaspora was only one of many such communities. This social pattern was preserved in the Byzantine Empire, was later taken over by the Ottoman Empire and can still be detected in Israeli law. Today, a Muslim Israeli cannot marry a Jewish Israeli, a Druze cannot marry a Christian (at least not in Israel itself). The Druze, by the way, are a surviving example of such a Diaspora. The Jews were unique only in one respect: after the European peoples gradually moved on to new forms of organization, and in the end turned themselves into nations, the Jews remained what they were - a communal-religious Diaspora.

THE PUZZLE that is occupying the historians is: how did a tiny community of Babylonian exiles turn into a worldwide Diaspora of millions? There is only one convincing answer to that: conversion.

The modern Jewish myth has it that almost all the Jews are descendents of the Jewish community that lived in Palestine 2000 years ago and was driven out by the Romans in the year 70 AD. That is, of course, baseless. The "Expulsion from the Country" is a religious myth: God was angry with the Jews because of their sins and exiled them from His country. But the Romans were not in the habit of moving populations, and there is clear evidence that a great part of the Jewish population in the country remained here after the Zealots' Revolt and after the Bar-Kochba uprising, and that most Jews lived outside the country long before that.

At the time of the Second Temple and later, Judaism was a proselytizing religion par excellence. During the first centuries AD it fiercely competed with Christianity. While the slaves and other downtrodden people in the Roman Empire were more attracted to the Christian religion, with its moving human story, the upper classes tended towards Judaism. Throughout the Empire, large numbers adopted the Jewish religion.

Especially puzzling is the origin of "Ashkenazi" Jewry. At the end of the first millennium there appeared in Europe - apparently out of nowhere - a very large Jewish population, the existence of which was not documented before. Where did they come from?

There are several theories about that. The conventional one holds that the Jews wandered from the Mediterranean area to the North, settled in the Rhein valley and fled from the pogroms there to Poland, at the time the most liberal country in Europe. From there they dispersed into Russia and Ukraine, taking with them a German dialect that became Yiddish. The Tel Aviv University scholar Paul Wexler asserts, on the other hand, that Yiddish was originally not a German but a Slavic language. A large part of Ashkenazi Jewry, according to this theory, are descendents of the Sorbs, a Slavic people that lived in Eastern Germany and was forced to abandon its ancient pagan creed. Many of them preferred to become Jews, rather than Christians.

In a recent book with the provocative title "When and How the Jewish People was Invented", the Israeli historian Shlomo Sand argues - like Arthur Koestler and others before him - that most of the Ashkenazi Jews are really descended from the Khazars, a Turkic people that created a large kingdom in what is now South Russia more than a thousand years ago. The Khazar king converted to Judaism, and according to this theory the Jews of Eastern Europe are mostly the descendants of Khazar converts. Sand also believes that most Sephardi Jews are descendents of Arab and Berber tribes in North Africa that had converted to Judaism instead of becoming Muslims, and had joined in the Muslim conquest of Spain.

When Jewry stopped proselytizing, the Jews became a closed, ethnic-religious community (as the Talmud says: "Converts are hard for Israel like a skin disease").

But the historical truth, whatever it is, is not so important. Myth is stronger than truth, and it says that the Jews were expelled from this land. This is an essential layer in modern Jewish consciousness, and no academic research can shake it.

IN THE LAST 300 years, Europe turned "national". The modern nation replaced earlier social patterns, such as the city state, feudal society and the dynastic empire. The national idea carried all before it, including history. Each of these new nations shaped an "imagined history" for itself. In other words, every nation rearranged ancient myths and historical facts in order to shape a "national history" which proclaims its importance and serves as a unifying glue.

The Jewish Diaspora, which - as mentioned before - was "normal" 2000 years ago, became "abnormal" and exceptional. This intensified the Jew-hatred that was anyhow rampant in Christian Europe. Since all the national movements in Europe were - more or less - anti-Semitic, many Jews felt that they were left "outside", that they had no place in the new Europe. Some of them decided that the Jews must conform to the new Zeitgeist and turn the Jewish community into a Jewish "nation".

For that purpose, it was necessary to reshape and reinvent Jewish history and turn it from the annals of a religious-ethnic Diaspora into the epic story of a "nation". The job was undertaken by a man who can be considered the godfather of the Zionist idea: Heinrich Graetz, a German Jew who was influenced by German nationalism and created a "national" Jewish history. His ideas have shaped Jewish consciousness to this day.

Graetz accepted the Bible as if it were a history book, collected all the myths and created a complete and continuous historical narrative: the period of the Fathers, the Exodus from Egypt, the Conquest of Canaan, the "First Temple", the Babylonian Exile, the "Second Temple", the Destruction of the Temple and the Exile. That is the history that all of us learned in school, the foundation upon which Zionism was built.

ZIONISM REPRESENTED a revolution in many fields, but its mental revolution was incomplete. Its ideology turned the Jewish community into a Jewish people, and the Jewish people into a Jewish nation - but never clearly defined the differences. In order to win over the religiously inclined Jewish masses in Eastern Europe, it made a compromise with religion and mixed all terms into a one big cocktail - the religion is also a nation, the nation is also a religion, and later asserted that Israel is a "Jewish state" that belongs to its (Jewish?) citizens but also to the "Jewish people" throughout the world. Official Israeli doctrine has it that Israel is the "Jewish nation state", but Israeli law narrowly defines a "Jew" as only a person who belongs to the Jewish religion.

Herzl and his successors were not courageous enough to do what Mustafa Kemal Ataturk did when he founded modern Turkey: he fixed a clear and sharp border between the Turkish nation and Islamic religion and imposed a complete separation between the two. With us, everything remained one big salad. This has many implications in real life.

For example: if Israel is the state of the "Jewish people", as one of our laws says - what is there to stop an Israeli Jew from joining the Jewish community in California or Australia? Small wonder that there is almost no leader in Israel whose children have not emigrated.

WHY IS IT so important to differentiate between the Israeli nation and the Jewish Diaspora? One of the reasons is that a nation has a different attitude to itself and towards others than a religious-ethnic Diaspora.

Similarly: different animals have different ways of reacting to danger. A gazelle flees when it senses danger, and nature has equipped it with the necessary instincts and physical capabilities. A lion, on the other side, sticks to its territory and defends it against intruders. Both methods are successful, otherwise there would be no gazelles or no lions in the world.

The Jewish Diaspora developed an efficient response that was well suited to its situation: when Jews sensed danger, they fled and dispersed. That's why the Jewish Diaspora managed to survive innumerable persecutions, and even the Holocaust itself. When the Zionists decided to become a nation - and indeed did create a real nation in this country - they adopted the national response: to defend themselves and attack the sources of danger. One cannot, therefore, be a Diaspora and a nation, a gazelle and a lion, at the same time.

If we, the Israelis, want to consolidate our nation, we have to free ourselves from the myths that belong to another form of existence and re-define our national history. The story about the exodus from Egypt is good as a myth and an allegory - it celebrates the value of freedom - but we must recognize the difference between myth and history, between religion and nation, between a Diaspora and a state, in order to find our place in the region in which we live and develop a normal relationship with the neighboring peoples.


Naissance d’une nation



« Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins. » Retraçant l’histoire longue des communautés juives, Avnery analyse avec une intelligence remarquable la contradiction, toujours irrésolue pour Israël, entre le fondement religieux basé sur les mythes bibliques et la réalité historique d’un état nation.

Par Uri Avnery, Gush Shalom, 19 avril 2008

L’ENIGME qui est en train d’occuper les historiens est la suivante : comment une toute petite communauté d’exilés babyloniens s’est-elle transformée en diaspora mondiale de millions de personnes ? Il n’y a à cela qu’une réponse convaincante : la conversion. CETTE NUIT, les Juifs du monde entier célèbreront le Seder, la seule cérémonie qui unisse les Juifs de partout dans le mythe fondateur de la judéité : la sortie d’Egypte.

Chaque année, je m’émerveille devant le génie de cette cérémonie. Elle unit toute la famille, et chacun, du vénérable grand-père au plus petit enfant, y joue un rôle. Elle engage tous les sens : vue, ouïe, odorat, goût et toucher. Le texte simpliste de la Haggadah, le livre qui est lu à haute voix, la nourriture symbolique, les quatre verres de vin, le fait de chanter ensemble, la répétition exacte de chacun de ces éléments chaque année, tout ceci imprime dans la conscience des enfants dès leur plus jeune âge un souvenir indéracinable qu’ils porteront avec eux jusque dans la tombe, qu’ils soient croyants ou non. Ils n’oublieront jamais la sécurité et la chaleur de la grande famille autour de la table de Seder, et, même très âgés ils s’en souviendront avec nostalgie. Un cynique pourrait y voir un parfait exemple de lavage de cerveaux.

Face à la puissance de ce mythe, qu’importe si la sortie d’Egypte n’a en réalité jamais eu lieu ? Des milliers de documents égyptiens déchiffrés ces dernières années ne laissent pas de place au doute : l’exode de foules de gens, comme il est décrit dans la Bible, ou quoi que ce soit y ressemblant, n’est tout simplement jamais arrivé. Ces documents, qui couvrent dans le moindre détail chaque période et chaque partie de Canaan à cette époque, prouvent sans le moindre doute, qu’il n’y a pas eu de "conquête de Canaan" et pas de royaume de David et Salomon. Pendant une centaine d’années, les archéologues sionistes ont déployé des efforts inlassables pour trouver ne serait-ce qu’une preuve en soutien au récit biblique, tout cela en vain.

Mais c’est sans aucune importance. Dans la compétition entre l’histoire "objective" et le mythe, le mythe qui répond à nos besoins gagnera toujours, et gagnera de loin. Il n’est pas important de savoir ce qui est arrivé, ce qui est important est ce qui enflamme notre imagination. C’est elle qui guide nos pas jusqu’à ce jour.

LE RÉCIT BIBLIQUE rejoint les documents historiques uniquement autour de l’année 853 avant Jésus-Christ, quand dix mille soldats et deux mille chars d’Ahab, roi d’Israël, participèrent à la formidable coalition des royaumes de Syrie et de Palestine contre l’Assyrie. La bataille, qui fut relatée par les Assyriens, eut lieu à Qarqar en Syrie. L’armée assyrienne fut retardée, sinon défaite.

(Une note personnelle : je ne suis pas historien, mais depuis de nombreuses années je réfléchis à notre histoire et essaie de tirer quelques conclusions logiques, qui sont soulignées ici. La plupart d’entre elles sont soutenues par un consensus qui commence à apparaître chez des chercheurs indépendants à travers le monde.)

Les royaumes d’Israël et de Judée, qui occupaient une partie du territoire entre la Méditerranée et le Jourdain n’étaient pas différents des autres royaumes de la région. Selon la Bible même, les gens sacrifiaient à diverses divinités païennes "sur toutes les hauteurs et sous tous les arbres verts". (1 Rois, 14:23).

Jérusalem était une toute petite ville de marché, beaucoup trop petite et beaucoup trop pauvre pour que tout ce qui est décrit dans la Bible ait pu avoir lieu à cet endroit et à cette époque. Dans les livres de la Bible qui ont trait à cette période, l’appellation de "Juif" (Yehudi en hébreu) apparaît à peine, et là où elle apparaît, elle se réfère simplement aux habitants de Judée, la région autour de Jérusalem. Quand un général assyrien fut appelé "à ne pas parler avec nous dans la langue juive" (2 Rois 18:26), il s’agissait d’un dialecte local judéen issu de l’hébreu.

La révolution "juive" eut lieu pendant l’exil babylonien (587-539 av. J-C). Après la conquête babylonienne de Jérusalem, des membres de l’élite judéenne furent exilés à Babylone, où ils entrèrent en contact avec les courants culturels importants de l’époque. Le résultat en fut une des grandes créations de l’humanité : la religion juive.

Après quelque cinquante années, certains de ces exilés sont retournés en Palestine. Ils ont apporté avec eux le nom de "Juifs", appellation d’un mouvement religieux, idéologique et politique, très semblables aux "sionistes" de notre époque. Par conséquent, on ne peut parler de "judaïsme" et de "Juifs" - au sens actuel du terme - que depuis lors. Durant les 500 ans qui suivirent, la religion monothéiste juive se cristallisa peu à peu. C’est aussi à cette époque que la plus remarquable création littéraire de tous les temps, la Bible hébraïque, fut écrite. Les auteurs de la Bible n’avaient pas l’intention d’écrire l’ « histoire », au sens où on l’entend aujourd’hui, mais plutôt un texte religieux, édifiant et instructif.

POUR COMPRENDRE la naissance et le développement du judaïsme, on doit prendre en considération deux facteurs importants :

(a) Dès le début, quand les "Juifs" revinrent de Babylone, la communauté juive dans ce pays était une minorité parmi les Juifs dans leur ensemble. Pendant la période du "Second Temple", la majorité des Juifs vivaient à l’étranger, dans des régions connues aujourd’hui sous les noms d’Irak, Egypte, Libye, Syrie, Chypre, Italie, Espagne, et ainsi de suite.

Les Juifs de cette période n’étaient pas une "nation" - l’idée même de nation n’existait pas encore. Les Juifs de Palestine ne participèrent pas aux rebellions des Juifs de Libye et de Chypre contre les Romains, et les Juifs de l’étranger ne participèrent pas à la grande révolte des Juifs dans ce pays. Les Macchabées n’étaient pas des combattants nationaux mais religieux, un peu comme les Talibans de nos jours, et ils tuèrent beaucoup plus de juifs hellénisés que de soldats ennemis.

(b) La diaspora juive n’était pas un phénomène unique. Au contraire, à l’époque c’était la norme. Des notions comme celle de "nation" appartiennent au monde moderne. Pendant la période du "Second Temple" et après, la structure sociopolitique dominante était une communauté politico-religieuse jouissant d’autonomie et non attachée à un territoire particulier. Un juif d’Alexandrie pouvait épouser une juive de Damas, mais pas la femme chrétienne de l’autre côté de la rue. Elle, pour sa part, pouvait épouser un chrétien de Rome, mais pas son voisin hellénistique. La diaspora juive n’était que l’une de ces nombreuses communautés.

Cette organisation sociale fut préservée dans l’empire byzantin, adoptée plus tard par l’empire ottoman et on la trouve encore dans la loi israélienne. Aujourd’hui, un Israélien musulman ne peut pas épouser une Israélienne juive, un druze ne peut pas épouser une chrétienne (ou du moins pas en Israël même). Les druzes, soit dit en passant, sont une survivance de ce type de diaspora.

Les Juifs furent uniques sous un seul aspect : après que les peuples européens ont évolué graduellement vers de nouvelles formes d’organisation, et ont fini par se transformer en nations, les Juifs sont restés ce qu’ils étaient : une diaspora communautaire et religieuse.

L’ENIGME qui est en train d’occuper les historiens est la suivante : comment une toute petite communauté d’exilés babyloniens s’est-elle transformée en diaspora mondiale de millions de personnes ? Il n’y a à cela qu’une réponse convaincante : la conversion.

Le mythe juif moderne dit que presque tous les Juifs sont des descendants de la communauté juive qui vivait en Palestine il y a 2.000 ans et qui fut chassée par les Romains en 70 après J-C. Cela est, bien sûr, sans fondement. L’"expulsion du pays" est un mythe religieux. Dieu se fâcha contre les Juifs à cause de leurs péchés et les chassa de leur pays. Mais les Romains n’avaient pas l’habitude de déplacer les populations, et il est évident qu’une grande partie de la population du pays y resta après la révolte des Zélotes et après le soulèvement de Bar-Kochba, et que la plupart des Juifs vivaient en dehors du pays depuis longtemps.

A l’époque du Second temple et par la suite, le judaïsme était une religion prosélyte par excellence [en français dans le texte - ndt]. Durant les premiers siècles après J-C, il a farouchement rivalisé avec le christianisme. Alors que les esclaves et autres peuples opprimés de l’empire romain étaient plus attirés par la religion chrétienne, avec son histoire humaine émouvante, les classes supérieures penchaient vers le judaïsme. Dans tout l’empire, un grand nombre de personnes adoptèrent la religion juive.

L’origine de la communauté juive des "Ashkénaze" est particulièrement curieuse. A la fin du premier millénaire apparut en Europe - apparemment de nulle part - une très large population juive, dont l’existence n’est pas mentionnée auparavant. D’où venait-elle ?

Il y a plusieurs théories. La théorie classique soutient que les Juifs errèrent de la zone méditerranéenne vers le nord, s’installèrent dans la vallée du Rhin et de là fuirent les pogroms pour aller en Pologne, à l’époque le pays le plus libéral d’Europe. De là, ils se dispersèrent en Russie et en Ukraine, emportant avec eux un dialecte germanique qui devint le yiddish. L’universitaire de Tel-Aviv Paul Wexler affirme, pour sa part, que le yiddish n’était pas à l’origine une langue germanique mais une langue slave. Un grande partie de la communauté juive ashkénaze, selon cette théorie, sont des descendants des Sorbes, peuple slave qui vivait en Allemagne orientale et fut contraint d’abandonner son ancienne croyance païenne. Beaucoup d’entre eux préférèrent devenir juifs plutôt que chrétiens.

Dans un livre récent au titre provocateur "Quand et comment le peuple juif fut inventé", l’historien israélien Shlomo Sand prétend - comme Arthur Koestler et d’autres avant lui - que la plupart des juifs ashkénazes descendent en réalité des Khazars, un peuple turc qui créa, il y a plus d’un millier d’années, un grand royaume dans ce qui est aujourd’hui le sud de la Russie. Le roi khazar se convertit au judaïsme, et, selon cette théorie, les juifs d’Europe orientale sont pour la plupart des descendants de convertis khazars. Sand croit aussi que la plupart des juifs sépharades descendent de tribus arabes et berbères d’Afrique du nord converties au judaïsme au lieu de devenir musulmanes, et qu’ils se sont joints à la conquête arabe de l’Espagne.

Quand la communauté juive a cessé d’être prosélyte, les juifs sont devenus une communauté ethnico-religieuse fermée (comme dit le Talmud : "Les convertis sont pour Israël comme une maladie de peau").

Mais la vérité historique, quelle qu’elle soit, n’est pas tellement importante. Le mythe est plus fort que la vérité, et il dit que les Juifs furent expulsés de ce pays. C’est une part essentielle dans la conscience juive moderne, et aucune recherche universitaire ne peut l’ébranler.

DANS LES 300 dernières années, l’Europe est devenue "nationale". La nation moderne a remplacé les modèles sociaux antérieurs, tels que la ville-Etat, la société féodale et l’empire dynastique. L’idée nationale a emporté tout ce qui était avant elle, y compris l’histoire. Chacune de ces nouvelles nations a modelé sa propre "histoire imaginaire". En d’autres termes, chaque nation a remanié d’anciens mythes et faits historiques pour constituer une "histoire nationale" qui proclame son importance et sert de ciment unificateur.

La Diaspora juive, qui - comme indiqué ci-dessus - était "normale" il y a 2.000 ans, devint "anormale" et exceptionnelle. Ceci attisa la haine des Juifs qui était d’une certaine façon rampante dans l’Europe chrétienne. Comme tous les mouvements nationaux en Europe étaient plus ou moins antisémites, beaucoup de juifs sentirent qu’ils étaient laissés "en dehors", qu’ils n’avaient pas leur place dans la nouvelle Europe. Certains d’entre eux décidèrent que les juifs devaient se conformer au nouveau Zeitgeist [esprit du temps - ndt] et transformer la communauté juive en une "nation" juive.

Pour ce faire, il était nécessaire de reconstruire et de réinventer une histoire juive et de la transformer à partir des annales d’une diaspora ethnico-religieuse en l’histoire épique d’une "nation". Le travail fut entrepris par un homme qui peut être considéré comme le parrain de l’idée sioniste : Heinrich Graetz, juif allemand qui fut influencé par le nationalisme allemand et créa l’histoire juive "nationale". Ses idées ont formé la conscience juive jusqu’à ce jour.

Graetz considéra la Bible comme si elle était un livre d’histoire, collecta tous les mythes et créa une version historique continue et complète : la période des Pères, l’exode d’Egypte, la conquête de Canaan, le "Premier Temple", l’exil à Babylone, le "Second Temple", la destruction du Temple et l’exil. C’est l’histoire que nous avons tous appris à l’école, la fondation sur laquelle le sionisme fut construit.

LE SIONISME représenta une révolution dans de nombreux domaines, mais sa révolution mentale fut incomplète. Son idéologie transforma la communauté juive en un peuple juif, et le peuple juif en une nation juive- mais sans jamais définir clairement les différences entre eux. Pour persuader les masses juives d’Europe orientale plutôt religieuses, il fit un compromis avec la religion et mélangea tous les termes en un grand cocktail - la religion est aussi une nation, la nation est aussi une religion, et plus tard il affirma qu’Israël était un "Etat juif" qui appartenait à ses citoyens (juifs ?) mais aussi au "peuple juif" à travers le monde. La doctrine israélienne officielle est qu’Israël est un "Etat-nation juif", mais la loi israélienne définit étroitement un Juif seulement comme une personne qui appartient à la religion juive.

Herzl et ses successeurs ne furent pas assez courageux pour faire ce que Mustapha Kemal Atatuk fit quand il fonda la Turquie moderne : il fixa une frontière claire et stricte entre la nation turque et la religion islamique et imposa une séparation complète entre les deux. Avec nous, tout est resté une grande salade. Ceci a beaucoup d’implications dans la vie réelle.

Par exemple : si Israël est l’Etat du "peuple juif", comme l’une de nos lois le dit, qu’est-ce qui empêche un juif israélien de rejoindre la communauté juive de Californie ou d’Australie ? Peu de gens s’étonnent qu’il n’y a presque aucun dirigeant en Israël dont les enfants n’aient pas émigré.

POURQUOI est-il si important de faire une distinction entre la nation israélienne et la diaspora juive ? Une des raisons est qu’une nation a une attitude différente vis-à-vis d’elle-même et vis-à-vis des autres qu’une diaspora ethnico-religieuse.

De même : des animaux différents ont des façons différentes de réagir devant le danger. Une gazelle fuit quand elle sent le danger, et la nature l’a équipée des instincts et des aptitudes physiques nécessaires. Un lion, d’autre part, marque son territoire et le défend contre les intrus. Les deux méthodes sont satisfaisantes, autrement il n’y aurait plus de gazelles ni de lions dans le monde.

La diaspora juive développa une réponse efficace qui convenait bien à sa situation : quand les juifs sentaient le danger, ils fuyaient et se dispersaient. C’est pourquoi la diaspora juive réussit à survivre à d’innombrables persécutions, et même à l’holocauste. Quand les sionistes décidèrent de devenir une nation - et créèrent effectivement une nation réelle dans ce pays - ils adoptèrent la réponse nationale : se défendre et attaquer les causes du danger. On ne peut donc pas être une diaspora et une nation, une gazelle et un lion, en même temps.

Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins.

Jean Le Rond d'Alembert et Karl Friedrich Gauss.....

......Tout polynôme non constant à coefficients complexes possède des raçines !