DI U RITUNDU

During times of universal deceit, telling the truth becomes a revolutionary act. George Orwell

mercredi 4 juin 2008

Les compagnies d'assurance Lloyds, Allianz, Swiss Re, n'assurent plus les risques sanitaires liés aux émissions de champs électromagnétiques


" L'industrie des services mobile apporte une contribution à la richesse nationale supérieure à l'industrie aéronautique civile "

" Le principe de précaution, on l'applique aux bénéfices des industriels "

" Pour les gens qui ne seraient encore pas persuadés, il y a un acteur impartial qui va mettre tout le monde d'accord.
C'est la position des assurances.
Dans l'affaire de l'amiante, les assurances anglaises et américaines ont cessé de couvrir les industriels à partir de 1919.
Et là depuis 2000, il y a un mouvement de fond, certaines compagnies d'assurance et de réassurance mondiale comme la Lloyds, comme Allianz ou encore la Swiss Re, n'assurent plus en responsabilité civile les compagnies de téléphonies mobiles pour tous les risques sanitaires liés aux émissions de champs électromagnétiques. Ils ne les assurent plus car c'est trop risqué. C'est la même chose que pour le plomb et pour l'amiante. C'est un mouvement de fond et ça montre bien que l'on est dans un scénario de scandale sanitaire."


pour lire la suite ....

pour aller plus loin

European Environment Agency : Radiation risk from everyday devices assessed. RISQUES DES DISPOSITIFS A EMISSIONS ELECTROMAGNETIQUES.

A new report raising concerns about the effects of electromagnetic fields (EMF) on human health calls for tougher safety standards to regulate radiation from mobile phones, power lines and many other sources of exposure in daily life. The report, 'Bioinitiative: A Rationale for a Biologically-Based Public Exposure Standard for Electromagnetic Fields' was compiled by the BioInitiative Working Group, an international group of scientists, researchers and public health policy professionals. The EEA has contributed to this new report with a chapter drawn from the EEA study 'Late lessons from early warnings: the precautionary principle 1896–2000' published in 2001.
European Environment Agency.


Preuves scientifiques du danger pour la santé de la téléphonie mobile : le rapport 'Bioinitiative' (2007)
A Rationale for a Biologically-based Public Exposure Standard for Electromagnetic Fields (ELF and RF)



Résumé en Français du contenu de ce rapport :

Comité organisateur
Carl F. BLACKMAN – Martin BLANK – Michael KUNDI – Cindy SAGE
Signataires d'articles
David O. CARPENTER - Zoreh DAVANIPOUR - David GEE - Lennart HARDELL - Olle JOHANSSON - Henry LAI - Kjell Hansson MILD - Amy SAGE - Eugene L. SOBEL - Zhengping XU - Guangdi CHEN
Ont participé
James B. BURCH - Nancy EVANS - Stanton GLANZ - Denis HENSHAW - Samuel MILHAM - Louis SLESIN

Tous ces scientifiques sont des sommités dans l'étude des effets des divers types de champs électromagnétiques sur toutes les formes du vivant.
Les membres du Comité Organisateur et trois des signataires sont membres de la très renommée BIOELECTROMAGNETICS SOCIETY.

Ce rapport récapitulatif passe en revue plus de 1500 travaux publiés. Il constitue une première sur ce sujet, car il est rédigé sous l'égide des mots PREUVES SCIENTIFIQUES
A noter l'absence de lien financier ou public des rédacteurs avec l'industrie ou les autorités politiques et administratives de régulation des télécommunications.



Articulation du rapport :

Note technique sur les émissions dont les effets sont traités par le rapport :

Les émissions de téléphonie mobile ont une structure physique triple :
> Une hyperfréquence dite porteuse
> des modulations en extrêmement basses fréquences pour les signaux portés
> une multipulsation chaotique.

Chaque structure a sa toxicité propre, la pire étant la multipulsation.
Les émissions UMTS – WIFI – WIMAX – BLUETOOTH – DECT - sont de la même famille de structure que la téléphonie mobile. Les toxicités sont de même nature.
Nous appellerons ces émissions TTM – Type Téléphonie Mobile.


Début du rapport - Textes de présentation

- Article 4 : PREUVES DE L'INADAPTATION DES NORMES

C'est-à-dire preuves du fait que les documents et chiffres officiels censés garantir une protection n'en assurent aucune.
Auteur : Cindy SAGE
Membre titulaire de la BS – BIOELECTROMAGNETICS SOCIETY
Travaux publiés cités en référence ……………………………………….4

- Article 5 : PREUVES DES EFFETS GENETIQUES

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM provoque des effets sur les gènes et sur l'expression des protéines.
Auteurs : Zhengping XU et Guangdi CHEN – Membres de la BS
Membres de l'Université de Médecine ZHEJIANG à HANSZOU - CHINE
Travaux publiés cités en référence …………………………………….35

- Article 6 : PREUVES DES EFFETS GENOTOXIQUES ET DES DOMMAGES GENETIQUES

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM provoque des altérations non réparables de l'ADN.
Auteur : Dr Henry LAI
Université de WASHINGTON – USA
Travaux publiés cités en référence ……………………………………220

- Article 7 : PREUVES DES EFFETS SUR LES PROTEINES DE STRESS

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM déclenche des processus de mise en oeuvre des protéines de stress.
Auteur : Dr Martin BLANK – Président de la BS
Université de COLUMBIA – NEW YORK – USA
Travaux publiés cités en référence ……………………………………196

- Article 8 : PREUVES DES EFFETS SUR LA FONCTION IMMUNITAIRE
C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM provoque des perturbations de fonctionnement du système immunitaire.
Auteur : Dr Olle JOHANSSON
Institut KAROLINSKA - STOCKHOLM – SUEDE
Travaux publiés cités en référence ………………………………..……70

- Article 9 : PREUVES DES EFFETS SUR LA NEUROLOGIE ET LE COMPORTEMENT

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM provoque des perturbations de fonctionnement du système nerveux qui ont pour conséquences des troubles du comportement.
Cet article traite également du fait que ces émissions provoquent une importante perte d'étanchéité de la barrière sang-cerveau au niveau des vaisseaux irrigant le cerveau.
Auteur : Dr Henry LAI
Université de WASHINGTON – USA
Travaux publiés cités en référence ………………………………..…..375

- Article 10 : PREUVES SUR L'ORIGINE DE TUMEURS DU CERVEAU ET DE NEURINOMES ACOUSTIQUES

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM déclenche des processus de développement de tumeurs du cerveau et de neurinomes acoustiques.
Auteurs : - Dr Lennart HARDELL
Hôpital Universitaire d'OREBRO – SUEDE
- Dr Kjell Hansson MILD – Président de la BS Université d'UMEA – SUEDE
- Dr Michael KUNDI – Membre titulaire de la BS Université Médicale de VIENNE – AUTRICHE
Travaux publiés cités en référence …………………………………148

- Article 11 : PREUVES SUR L'ORIGINE DE CANCERS ENFANTINS – LEUCEMIE

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM déclenche des processus de développement de cancers enfantins du type leucémie.
Auteur : Dr Michael KUNDI – Membre titulaire de la BS Université Médicale de VIENNE – AUTRICHE
Travaux publiés cités en référence …………………………………118

- Article 12 : EFFETS SUR LA PRODUCTION DE MELATONINE, SUR LA MALADIE D'ALZHEIMER ET SUR LES CANCERS DU SEIN

L'article traite des preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM perturbe le taux de production de la mélatonine et déclenche des processus de développement de la maladie d'ALZHEIMER et de cancers du sein.
Auteurs : - Dr Zoreh DAVANIPOUR
Institut FRIENDS RESEARCH – LOS ANGELES – USA
- Dr Eugene L. SOBEL
Institut FRIENDS RESEARCH – LOS ANGELES – USA
Travaux publiés cités en référence …………………………………171

- Article 13 : PREUVES SUR L'ORIGINE DES CANCERS DU SEIN

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM déclenche des processus de développement de cancers du sein.
Auteur : Cindy SAGE – Membre titulaire de la BS
Travaux publiés cités en référence ………………….………………….50

- Article 14 : PREUVES SUR L'ORIGINE DES PERTURBATIONS DES REGULATIONS MEMBRANAIRES

C'est-à-dire preuves du fait que l'exposition du vivant à des émissions TTM provoque des perturbations dans la régulation des échanges cellulaires au niveau des canaux ioniques des membranes. Et donc, une perturbation de l'ensemble des fonctions vitales au niveau physiologique élémentaire, celui de la cellule.
Auteur : Carl F. BLACKMAN – Président de la BS
US Environmental Protection Agency – USA
Travaux publiés cités en référence ………………………………..……74

- Article 15 : PREUVES FONDEES SUR LES THERAPIES MEDICALES

C'est-à-dire preuves de l'existence de divers types d'effets que l'exposition à des émissions TTM a sur le vivant par l'efficacité de thérapies qui mettent en oeuvre les aspects positifs de ces effets.
Auteurs : - Cindy SAGE – Membre titulaire de la BS
- Amy SAGE
Travaux publiés cités en référence ……………………………..……17

- Article 16 : LE PRINCIPE DE PRECAUTION

Auteur : Mr David GEE
Agence Européenne de l'Environnement – COPENHAGUE – DANEMARK
Travaux publiés cités en référence ……………………………...………57

- Article 17 : CLEF DES PREUVES SCIENTIFIQUES

Auteurs : - Dr David O. CARPENTER
Université d'ALBANY EST – RENSSELAER – USA
- Cindy SAGE – Membre titulaire de la BS
Travaux publiés cités en référence ………………………………...…49

POUR TELECHARGER LE TEXTE (rapport intégral en anglais) : A Rationale for a Biologically-based Public Exposure Standardfor Electromagnetic Fields (ELF and RF)

CELLPHONES AND CANCER


The New York Times

June 3, 2008

Experts Revive Debate Over Cellphones and Cancer

By TARA PARKER-POPE

What do brain surgeons know about cellphone safety that the rest of us don’t?


Last week, three prominent neurosurgeons told the CNN interviewer Larry King that they did not hold cellphones next to their ears. “I think the safe practice,” said Dr. Keith Black, a surgeon at Cedars-Sinai Medical Center in Los Angeles, “is to use an earpiece so you keep the microwave antenna away from your brain.”

Dr. Vini Khurana, an associate professor of neurosurgery at the Australian National University who is an outspoken critic of cellphones, said: “I use it on the speaker-phone mode. I do not hold it to my ear.
And CNN’s chief medical correspondent, Dr. Sanjay Gupta, a neurosurgeon at Emory University Hospital, said that like Dr. Black he used an EARPIECE.

Along with Senator Edward M. Kennedy’s recent diagnosis of a glioma, a type of tumor that critics have long associated with cellphone use, the doctors’ remarks have helped reignite a long-simmering debate about cellphones and cancer.

That supposed link has been largely dismissed by many experts, including the American Cancer Society. The theory that cellphones cause brain tumors “defies credulity,” said Dr. Eugene Flamm, chairman of neurosurgery at Montefiore Medical Center.

According to the Food and Drug Administration, three large epidemiology studies since 2000 have shown no harmful effects. CTIA — the Wireless Association, the leading industry trade group, said in a statement, “The overwhelming majority of studies that have been published in scientific journals around the globe show that wireless phones do not pose a health risk.”

The F.D.A. notes, however, that the average period of phone use in the studies it cites was about three years, so the research doesn’t answer questions about long-term exposures. Critics say many studies are flawed for that reason, and also because they do not distinguish between casual and heavy use.

Cellphones emit non-ionizing radiation, waves of energy that are too weak to break chemical bonds or to set off the DNA damage known to cause cancer. There is no known biological mechanism to explain how non-ionizing radiation might lead to cancer.

But researchers who have raised concerns say that just because science can’t explain the mechanism doesn’t mean one doesn’t exist. Concerns have focused on the heat generated by cellphones and the fact that the radio frequencies are absorbed mostly by the head and neck.
In recent studies that suggest a risk, the tumors tend to occur on the same side of the head where the patient typically holds the phone.

Like most research on the subject, the studies are observational, showing only an association between cellphone use and cancer, not a causal relationship. The most important of these studies is called Interphone, a vast research effort in 13 countries, including Canada, Israel and several in Europe.

Some of the research suggests a link between cellphone use and three types of tumors: glioma; cancer of the parotid, a salivary gland near the ear; and acoustic neuroma, a tumor that essentially occurs where the ear meets the brain. All these cancers are rare, so even if cellphone use does increase risk, the risk is still very low.

Last year, The American Journal of Epidemiology published data from Israel finding a 58 percent higher risk of parotid gland tumors among heavy cellphone users.
Also last year, a Swedish analysis of 16 studies in the journal Occupational and Environmental Medicine showed a doubling of risk (100 % HIGHER) for acoustic neuroma and GLIOMA after 10 years of heavy cellphone use.

“What we’re seeing is suggestions in epidemiological studies that have looked at people using phones for 10 or more years,” says Louis Slesin, editor of Microwave News, an industry publication that tracks the research. “There are some very disconcerting findings that suggest a problem, although it’s much too early to reach a conclusive view.”

Some doctors say the real concern is not older cellphone users, who began using phones as adults, but children who are beginning to use phones today and face a lifetime of exposure.

“More and more kids are using cellphones,” said Dr. Paul J. Rosch, clinical professor of medicine and psychiatry at New York Medical College. “They may be much more affected. Their brains are growing rapidly, and their skulls are thinner.”

For people who are concerned about any possible risk, a simple solution is to USE AN HEADSET.
Of course, that option isn’t always convenient, and some critics have raised worries about wireless devices like the Bluetooth that essentially place a transmitter in the ear.

The fear is that even if the individual risk of using a cellphone is low, with three billion users worldwide, even a minuscule risk would translate into a major public health concern.

“We cannot say with any certainty that cellphones are either safe or not safe,” Dr. Black said on CNN. “My concern is that with the widespread use of cellphones, the worst scenario would be that we get the definitive study 10 years from now, and we find out there is a correlation.”


The New-York Times.

well@nytimes.com

dimanche 1 juin 2008

Le méthane pourrait-il déstabiliser le climat en l’espace d’une génération ?

Le réchauffement climatique pourrait libérer les énormes quantités de méthane emprisonnées dans les sols gelés, provoquant en quelques décennies un processus d’emballement incontrôlable de l’effet de serre. Une nouvelle étude publiée par Nature indique que ce scénario catastrophe s’est peut-être déjà déroulé par le passé.

Un nouvelle étude publiée jeudi par la prestigieuse revue scientifique Nature décrit le pire scénario d’emballement de l’évolution du climat dans lequel la Terre pourrait perdre la totalité de ses glaces en l’espace d’une génération.

Si la température du globe continue d’augmenter, d’énormes quantités de méthane pourraient être libérées par les 10 000 gigatonnes de gaz gelé qui sont à l’heure actuelles emprisonnées dans les profondeurs des océans et le pergélisol. Le franchissement de ce seuil de basculement du climat aurait pour conséquence que le réchauffement de la planète serait alors bien pire et bien plus rapide que ce qu’envisagent aujourd’hui les prévisions des scientifiques.

Cette nouvelle étude suggère que c’est précisément ce type de processus libérant les réserves de méthane qui a provoqué un réchauffement rapide de la Terre il y a 635 millions d’années de cela, durant lequel un âge glaciaire a laissé place à une période de chaleur tropicale. Le principal auteur de l’étude indique que ce phénomène pourrait se reproduire, et rapidement. Il ne s’agirait pas d’une évolution sur des milliers ou des millions d’années, mais peut-être à l’échelle du siècle.

« C’est un une préoccupation majeure, car il est possible qu’un réchauffement de faible ampleur puisse libérer ce méthane piégé », déclare Martin Kennedy, qui est professeur à l’Université Californienne Riverside. « La libération de ces réserves de méthane pourrait réchauffer la Terre de dizaines de degrés Farenheit [1] , et ce mécanisme pourrait être très rapide, à l’échelle géologique. »

Le méthane est un gaz dont l’effet de serre est 25 fois plus puissant que celui du dioxyde de carbone. Et ces réservoirs de gaz gelé sont deux fois plus importants en volume que les réserves de combustibles fossiles connues.

Les scénarios des évolutions futures du climat, comme ceux qui ont été élaborés par le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur les Changements Climatiques, ressemblent souvent à des courbes régulières progressant du même pas que celle de l’élévation des niveaux de dioxyde de carbone. C’est le résultat de l’usage des modèles mathématiques linéaire qui sous-tendent ces graphiques. Mais M. Kennedy, tout comme d’autres géologues, tout en reconnaissant l’importance des gaz à effet de serre dus à de l’activité humaine, affirme que les modélisations ne peuvent rendre compte des changements climatiques très marqués qui se produisent en quelques décennies.

« Aucune de ces choses n’est linéaire. C’est du non-linéaire », constate M. Kennedy.

Le travail de M. Kennedy publié par Nature étudie la période de déglaciation rapide qui s’est déroulée voici 635 millions d’années, et s’efforce de déterminer quel a été le « déclencheur » à l’origine du réchauffement massif qui a eu lieu dans le monde entier.

Dans le scénario proposé par son étude, le méthane à l’état solide - emprisonné avec des molécules d’eau dans des formations cristallines nommées « clathrates » - a d’abord été décongelé aux latitudes des tropiques et a commencé à se répandre dans l’atmosphère. Le réchauffement induit par ce gaz a déclenché une cascade de déstabilisation des clathrates, remontant peu à peu vers les pôles, agissant comme un mécanisme de rétroaction produisant un emballement qui a rapidement transformé un climat glacial en période tropicale.

Kennedy a choisi d’étudier la période connue sous le nom de déglaciation Marinoan parce qu’il voit un parallèle entre cet événement lointain et l’augmentation rapide de température que connaît maintenant la Terre en raison du « forçage radiatif » induit par l’élévation des niveaux de gaz à effet de serre.

« Que va-t-il se passer si l’on double ou triple les niveaux de CO2 ? » s’interroge-t-il.

A l’heure actuelle, les clathrates sont présentes dans le pergélisol de la région Arctique et dans les fonds marins près des continents. Le professeur s’inquiète que la hausse des niveaux de CO2 puisse provoquer un réchauffement suffisant pour déstabiliser ces réservoirs de clathrates. Sur la base de son analyse des données géologiques, cela pourrait entraîner une évolution du climat plus rapide que ce que la plupart des scientifiques prévoient. Il serait alors difficile pour l’humanité d’y faire face.

« Si la Terre évolue vers un nouvel état, cela se déroulera très rapidement », avertit M. Kennedy.

D’autres géologues partagent également ses inquiétudes. Jim Kennett, un professeur de géologie et de paléobiologie à l’Université de Santa Barbara, déclare que la recherche des éléments déclencheurs des évolutions climatiques et des points de basculement est devenu le plus important problème scientifique de notre époque.

« Les travaux de Martin Kennedy sont très important et je pense qu’il est sur la bonne voie », déclare M. Kennett.

M. Kennett, comme M. Kennedy, fait valoir que la libération des clathrates de méthane est la seule explication possible pour le déclenchement de changements climatiques massifs intervenant en quelques décennies seulement.

Pour autant, tous les scientifiques n’admettent pas l’hypothèse selon laquelle le méthane gelé ferait peser une grave menace pour le climat. Larry Smith, un professeur au département des sciences de la terre et de l’espace de l’UCLA, déclare que des recherches antérieures avaient dissipées les craintes de voir les clathrates de méthane se déstabiliser et libérer leur méthane.

« Les conditions requises pour déstabiliser les clathrates ne semble pas réalistes dans les scénarios futurs probables, » observe M. Smith.

David Archer, professeur de sciences de la terre à l’Université de Chicago, a fait valoir l’an dernier dans une étude (Pdf) que la libération de méthane semble devoir être « régulière plutôt que de catastrophique » et se dérouler sur une échelle comparable à celle de la combustion de combustibles fossiles.

De nombreux scientifiques estiment que toute une gamme d’autres facteurs, comme les variations dans l’albédo (la réflectivité) de la Terre pourraient expliquer l’ampleur et la rapidité des changements climatiques qui se sont produits à travers l’histoire.

Déterminer laquelle parmi ces théories est pertinente pourrait avoir un impact majeur à la fois sur les priorités de recherche et les décisions des politiques. Si Kennedy a raison, la hausse des températures dans les latitudes septentrionales où se trouve le pergélisol serait un très mauvais signe pour le climat de la planète.

En effet, Larry Smith, expert dans ce domaine, note que les températures du pergélisol ne cessent de s’élever dans l’hémisphère Nord. Cela a conduit l’ONU à publier une mise en garde au début de l’année avertissant que les clathrates sont l’une des principales inconnues pour l’évolution du climat. Le mois dernier, des scientifiques Russes ont publié des données indiquant que la déstabilisation des hydrates est d’ores et déjà une réalité dans l’océan Arctique.

Cependant, l’absence de données fiables sur la quantité de méthane libérée dans l’atmosphère par le réchauffement du pergélisol et des fonds marins ne permet pas de produire les chiffres qui pousseraient les gouvernements à prendre conscience et à changer de cap.

« Les fuites de méthane du pergélisol, c’est quelque chose qui existe », rappelle M. Kennedy. « Le défi aujourd’hui, c’est que nous ne pouvons pas les mesurer, donc nous nous contentons de les ignorer allègrement. »



Nature 453, 642-645 (29 May 2008) | doi:10.1038/nature06961;


Received 24 September 2007; Accepted 18 March 2008

Snowball Earth termination by destabilization of equatorial permafrost methane clathrate


Martin Kennedy1, David Mrofka1 & Chris von der Borch2

1. Department of Earth Science, University of California, Riverside, California 92521, USA
2. School of Chemistry, Physics and Earth Sciences, Flinders University, GPO Box 2100 Adelaide, South Australia, 5001 Australia

Correspondence to: Martin Kennedy1 Correspondence and requests for materials should be addressed to M.K. (Email: martink@mail.ucr.edu).


The start of the Ediacaran period is defined by one of the most severe climate change events recorded in Earth history—the recovery from the Marinoan 'snowball' ice age, approx 635 Myr ago (ref. 1).

Marinoan glacial-marine deposits occur at equatorial palaeolatitudes2, and are sharply overlain by a thin interval of carbonate that preserves marine carbon and sulphur isotopic excursions of about -5 and +15 parts per thousand, respectively3, 4, 5; these deposits are thought to record widespread oceanic carbonate precipitation during postglacial sea level rise1, 3, 4.

This abrupt transition records a climate system in profound disequilibrium3, 6 and contrasts sharply with the cyclical stratigraphic signal imparted by the balanced feedbacks modulating Phanerozoic deglaciation.

Hypotheses accounting for the abruptness of deglaciation include ice albedo feedback3, deep-ocean out-gassing during post-glacial oceanic overturn7 or methane hydrate destabilization8, 9, 10. Here we report the broadest range of oxygen isotope values yet measured in marine sediments (-25permil to +12permil) in methane seeps in Marinoan deglacial sediments underlying the cap carbonate.

This range of values is likely to be the result of mixing between ice-sheet-derived meteoric waters and clathrate-derived fluids during the flushing and destabilization of a clathrate field by glacial meltwater.

The equatorial palaeolatitude implies a highly volatile shelf permafrost pool that is an order of magnitude larger than that of the present day.

A pool of this size could have provided a massive biogeochemical feedback capable of triggering deglaciation and accounting for the global postglacial marine carbon and sulphur isotopic excursions, abrupt unidirectional warming, cap carbonate deposition, and a marine oxygen crisis.

Our findings suggest that methane released from low-latitude permafrost clathrates therefore acted as a trigger and/or strong positive feedback for deglaciation and warming.

Methane hydrate destabilization is increasingly suspected as an important positive feedback to climate change11, 12, 13 that coincides with critical boundaries in the geological record14, 15 and may represent one particularly important mechanism active during conditions of strong climate forcing.